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Suntrip Alpes 2022

Tout l’art du voyage à très basse consommation, en alimentation solaire, avec une gestion de l’énergie au quotidien et des paysages magnifiques. Le tout agrémenté de défis physiologiques, météorologiques, stratégiques, une aventure unique.

Pour cette année, j’ai battu mon record de préparation tardive, ayant dû mettre la priorité aux vélos des clients. C’est donc à la dernière minute que le projets a pris forme, avec une commande de caisse nue chez Katanga au printemps, pareil pour les moteurs, les panneaux solaires… Tardif, certainement.

Pour le montage il ne m’est resté que quelques jours et quelques nuits, parce qu’à ce niveau, mieux vaut prendre toutes les heures disponibles…

A deux jours du départ, j’en suis encore à la conception du toit pour me protéger du soleil, et il reste plus de 100 soudures pour créer le circuit électrique.

Il faut faire toute l’interface depuis le circuit original de la machine vers la remorque, avec les signaux usuels (clignotants, feux, stop) et les spécificités du solaire (puissance, charge solaire, 12 V accessoires) et également faire la câblerie pour l’assistance au pédalage.

Pliage de l’interface mécanique entre la queue de la machine motrice et l’ancrage de remorque. Toujours à J-2.

Premiers positionnements pour faire les longueurs de câbles, préparer les prises.

Parking souterrain et pollution

Changement de paradigme

Avec la croissance de la mobilité électrique, que ce soit pour les vélos ou pour les voitures, quelques changements vont arriver. Une question encore peu évoquée est le lien entre usage d’un parking souterrain et pollution.

Un moteur à combustion va émettre une grande quantité de particules et de suies toutes plus mauvaises pour la santé les unes que les autres durant les premières 120 secondes de fonctionnement en général donc durant tout le temps de la sortie du parking souterrain. Cela va nécessiter une ventilation importante et des coûts liés.

Quel lieu fermé accessible au public va interdire le premier les moteurs à combustion en ses murs ? Avec la proportion croissante de véhicules électrique, il y aura forcément un point de bascule, un moment ou les surcoûts liés aux moteurs à combustion ne seront plus couverts par eux. Leur interdiction va alors faire baisser les charges, mais quand cela arrivera-t-il, mystère…

De la logique dans les choix de véhicules

Dans l’intervalle, pensons à éviter de démarrer un moteur chaque fois que cela est évitable. Nous pouvons privilégier la marche, le vélo, les déplacements partagés, les transports publics. Pourquoi pas la livraison de marchandises plutôt que de démarrer un moteur à hydrocarbure.

Des solutions existent bien au-delà du simple vélo droit

vélomobiles et vélos cargos pour réduire la pollution
Leiba X-Stream XXL Allrad, Velomobiel Quattrovelo+, Bullit AWD, Douze AWD, Radkusche Rapid AWD

Ce genre de véhicule en parking souterrain ou en environnement fermé ne génère pas d’émissions cancérigènes, ni au départ ni à l’arrivée. Le silence de fonctionnement comme l’encombrement réduit les rend appropriés pour un usage urbain où les surfaces libres sont rares.

De la place pour les humains

Si l’on redonne la villes aux gens plutôt qu’aux surfaces de parcage, cela va compacter les zones urbaines et permettre une meilleure accessibilité. Les gains de bruit, de pollution, de danger inhérents à un trafic motorisé pourront profiter aux humains.

SunTrip Alpes 2022

https://www.thesuntrip.com/sun-trip-alpes-2022/

Et voilà, un nouveau chapitre des joyeuses et délirantes aventures de doux félés à vélo solaire s’ouvre avec ce Suntrip Alpes 2022, qui recevra 40 participants… dont votre serviteur.

J’y serai avec un engin encore non déterminé, mais il reste quelques semaines pour trouver la meilleure formule.

Plusieurs clients ainsi que le fondateur de vélocouché seront aussi de la partie, une équipe qui promet d’être aussi variée qu’intéressante.

Les solutions techniques sont différentes en fonction des participants. Du VTT à remorque solaire aux vélomobiles en passant par les cargos transformés et les trikes à toit solaire, il y de tout et c’est magnifique ainsi.

Il n’y a pas encore de liste de participants et de projets visible, mais suivez la page officielle et celle-ci, tout va se mettre en place.

 

Rouler en conditions hivernales en montagne

Cette fois, ce ne sont plus quelques flocons comme sur la photo ci-dessus, mais bien de la neige en volume qui tombe sur le pays, du moins ses parties hautes.

Comme la neige tient au sol, il est temps de valider le matériel hivernal.

Pneus avant Schwalbe 365 et arrière Continental Winter Premium, pris dans le stock du magasin et aussi livrés à plusieurs clients qui veulent continuer à rouler en saison froide.

Siège chauffant prototype à base de plaques silicone de 10 x 10 cm (6 en tout) pour 40 W au total, glissés sous la mousse de siège et donc sur la coque en fibre. Allumage 10 minutes avant de partir pour préchauffer le siège et un peu l’habitacle, réduisant ainsi la buée.

A l’arrivée après 11 km de route au milieu des voitures en difficulté et dans une pente de 11 %, ça secoue en raison des irrégularités du sol (cette machine n’a pas de suspension arrière) mais ça passe.

La limite est soit la motricité, vers 14 % dans ces conditions, soit la hauteur de neige si la coque se fait soulever, empêchant toute motricité. Pas eu ce souci sur la route, mais les 15 cm de fraîche devant le nez ne passeraient pas.

Sur la route justement, plusieurs voitures ont fini dans le fossé ou sur le bas-côté ce soir-là, dont une à peine 500 m avant ce endroit, dans une pente de 8 % qui pourtant est passée à 22 km/h sans souci.

Les avantages de la légèreté.

Une fois au chaud, il est temps de laisser fondre et se réchauffer la bête.

A l’intérieur, les affaires sont au sec, ordinateur et habits compris. Le siège chauffant est trop puissant avec 40 W, il faudra le baisser vers 20 W en roulant sinon avec la chaleur générée au pédalage c’est la cuisson assurée. Amusant au vu des conditions climatiques.

L’autonomie baisse très fortement, en raison des 40 W du siège chauffant, des basses vitesses pratiquées, de la surconsommation par l’effort important pour lutter contre la neige. Presque un doublement de consommation dans ces conditions. Cela représente toujours à peine 2-3 % de la consommation moyenne d’une voiture, qui aurait aussi consommé plus dans ces conditions d’ailleurs.

Conclusion: c’est possible, même en conditions très difficiles, de se déplacer avec une consommation d’énergie très faible, et avec un confort tout à fait intéressant.

Quelle mobilité pour l’hiver 2020-2021 ?

Pour beaucoup de personnes, c’est le moment des remises en question sur de nombreux domaines et la mobilité n’y échappe pas. Qui a encore envie de se retrouver dans des bus bondés ou debout dans un train à l’heure de pointe ? Et cela justifie-t-il de se retrouver comme des sardines en boîtes de plus d’une tonne en ville ?  Le tout à la voiture n’a jamais été une solution, l’époque actuelle le révèle de manière plus criante que jamais. La demande d’alternatives n’a probablement jamais été aussi forte et ceci pour de très bonnes raisons.

Heureusement la technique est plus que prête à répondre à de nombreux besoins avec des batteries à haute énergie et des vélos de toutes formes et tailles, du pliant au cargo familial en passant par le tout caréné.

Quelle est votre besoin de mobilité ? Quelles contraintes ? Quelles envies ? Tout cela doit être pensé en amont de l’achat et préparé avec soin, tant la diversité de l’offre permet de coller au plus près au cahier des charges.

Une tendance forte ces temps est le retour des 2 roues couchés, avec des modèles comme la Streetmachine de HP Velotechnik, et de grands espoirs sont placés dans l’Azub Origami pour sa flexibilité d’usage. De tels engins permettent un usage confortable avec une emprise au sol minimale, tout en garantissant à la fois une saine activité physique durant ses déplacements et une distanciation salutaire.

D’autres options comme les vélomobiles permettent d’avoir une protection contre les intempéries et un usage facilité pour le transport d’affaires, puisque l’on va pouvoir mettre des choses en vrac à l’intérieur sans devoir mettre en sacs dédiés, ce qui simplifie la vie.

Au final, c’est à chacun de préparer son cahier des charges avec les points indispensables et les options agréables, puis analyser ce que le marché propose pour répondre à un maximum de points.

Sortir rouler en Mars 2020 ?

La saison hivernale pour le moins étrange que l’on vit nous offre son lot de surprise, jusqu’au bout de l’hiver semble-t-il.

Après discussion avec plusieurs personnes dans le domaine de la santé il semble que les activités en plein air -loin d’autres personnes- soient plutôt positives; cela pousse à continuer à faire du vélo.

Les autorités cantonales ont fermé tous les lieux publics pour la semaine et de manière renouvelable, cela concerne aussi BiketoTheFuture et c’est logique. Le but d’une telle démarche est d’étaler et/ou de ralentir la contamination afin de ne pas saturer les services de secours. En cas de besoin urgent de pièces de rechange, la poste fait encore son travail dans les limites de ses possibilités vu que les livraisons augmentées par exemple pour LeShop provoquent déjà certains retards.

Prenez également garde à ne pas prendre de risques inutiles dans vos pratiques sportives et domestiques, vu l’engorgement du système de santé il n’est pas opportun d’aller à l’hôpital pour une jambe cassée ces jours.

Climat de Changement à Berne Septembre 2019

Trajet à vélo de Neuchâtel à Berne en convoi, manifestation incroyable avec plus de 60’000 personnes et retour avant la tombée de la nuit pour profiter des derniers rayons de soleil.

Toujours un plaisir de rouler en groupe, c’est une dynamique très particulière

 

Le parking sécurisé autour d’une école, une idée à reprendre si l’on veut promouvoir l’usage du vélo

C’est l’occasion de voir quelques slogans bien trouvés comme sur cette remorque

La première vision de la foule est impressionnante

Les slogans sont percutants

La foule était immense, dense, déterminée et pourtant tout s’est déroulé dans la bonne humeur, sans heurts. C’était un moment intense avec un grand mélange de générations, de styles et de cultures. Les gens avaient un bien commun à protéger.

Certains messages devraient en faire réfléchir plus d’un:

Ne pas voter n’est pas une rébellion mais une reddition. Là, c’est clair.

Il en faut pour tous les goûts, certains s’expriment avec plus de virulence

Le message est clair ici aussi, et tout s’est bien passé dans ce cas également. Un plaisir de voir que l’on peut exprimer ses opinions tout en restant respectueux les uns des autres.

Et une petite pause pour se rafraichir avant le retour et en profiter pour une discussion autour des vélos solaires

A gauche, la monture du magasin vélocouché et à droite celle de biketothefuture.

La couverture médiatique est bonne:

https://lecourrier.ch/2019/09/29/maree-humaine-pour-le-climat/

https://www.letemps.ch/suisse/une-foule-immense-manifestation-climat-berne

Vivement les prochains événements de ce niveau, c’était simplement impressionnant.

 

Suntrip 2019, étapes 6 à la fin

La seconde partie, Alpine, aura été plus courte et plus intense avec par exemple le mythique Colle del’Agnello, le col d’Agnel, une folie absolue qui met à l’épreuve le matériel. Pour preuve, le nombre de voitures dont les freins bouillants puent au bas des deux côtés du col.

Avant d’arriver à Pinerolo, la navigation en mode vélo vous emmène parfois dans des endroits improbables…

Nous sommes entre Bussoleno et Crotte, oui c’est bien un nom de village.

Avec des taux jusqu’à 14 % ce n’est pas pour tout le monde, et le dénivelé de 2400 m depuis Pinerolo n’est pas là pour simplifier les choses.

D’ailleurs, Pinerolo est une ville très intéressante avec une architecture de toute beauté. Les vélos solaires y ont trouvé un écrin superbe

L’éclipse partielle de lune y était bien visible

Le lendemain, le point culminant qu’est la montée de l’Agnello promet vu d’en bas…

…et impressionne d’en haut côté italien

et côté français

L’étape Pinerolo-Veynes aura fait 248 km et un dénivelé cumulé de 4100 m en raison de quelques erreurs de navigation dans la journée, alors que le calcul donne 239.6 km et 3865 m de dénivelé. Prévision à 18h10 de route, temps roulé à moins de la moitié. Voilà l’efficacité des vélomobiles solaires; c’est rapide, efficient et confortable.

A l’approche de Crest et de Valence, on sent bien que la Provence est là, le climat change et les cigales comme la lavande sont au rendez-vous

Et le final à Valence, autour de la fontaine monumentale

Voilà, c’est fini pour ce SunTrip Tour 2019 avec plus de 1’900 km au compteur, des souvenirs et des échanges merveilleux et des apprentissages qui serviront à améliorer encore les projets, actuels et futurs.

 

Suntrip 2019, étapes 1 à 5

Histoire de ne pas faire simple, la décision a été prise de partir avec une tente-remorque gonflable, une merveille d’espace et de confort à bord.

L’intégration solaire n’a pas été de tout repos, tout comme la liaison électrique avec la machine de tête.

Le départ fut épique.

Une casse de fourche sur un des vélos sous maintenance le soir avant de partir a failli tout compromettre, mais au final cela n’a fait que retarder le départ de 2 bonnes heures, que nous avons pu rattraper le soir même au prix d’un roulage sensiblement non conventionnel et jusqu’à l’extrême limite du règlement.

L’attelage, à l’arrêt est plutôt impressionnant

De nuit le surnom « La Luciole » tombait sous le sens

Le bureau mobile à l’intérieur explique cela…

Sur la route, avec près de 400 W entrants l’autonomie est totale.

Et le tout en musique, avec un système stéréo plus caisson de basses par transduction tactile sous le siège. Les caissons à la forme de la carrosserie sont imprimés en 3D et ont une structure Matrix empêchant les résonances, le son est cristallin.

L’arrêt de Vulcania clôt la partie vallonnée du centre, la suite étant la plaine jusqu’à Divonne.

Avec le superbe canal de Digoin.

Avec un arrêt à Charolles, impossible de ne pas goûter un bon Charolais. Le repos après l’effort.

Et voilà, environ à mi-parcours, il y a pas mal de choses à dire.

Les participants et leurs engins :

une variété réjouissante dans les approches et les réalisations, des choix techniques parfois audacieux et une large gamme de budgets allant de la récupération de composants à la création à partir de la feuille blanche.

Il y a beaucoup de vélos avec remorque, dont bon nombre de vélos classiques qui servent au quotidien avec la remorque solaire derrière contenant les affaires de voyage et le module photovoltaïque.

Cette configuration est simple et pratique mais il manque la protection du pilote, on se retrouve exposé au soleil comme tout cycliste.

L’autre solution est donc d’avoir le ou les modules au-dessus de la tête.

L’apport de la protection solaire permet de rouler durant les heures chaudes, là où l’entrée de puissance est la plus forte et de consommer en direct l’énergie reçue, ce qui augmente le rendement.

Le parcours:

Les premières étapes se déroulent autour de la région des volcans d’Auvergne, c’est simplement incroyable de rouler à vitesse humaine dans de tels décors et pouvoir en profiter sans bruit et sans polluer.

Ces monts sont loin d’être faciles, sans l’aides des moteurs ce serait impossible pour beaucoup de participants mais l’apport électrique rend la chose faisable.

L’autonomie d’un vélo électrique classique ne permettrait toutefois pas de voyager bien loin au vu des dénivelés à franchir.

L’étape 5 par exemple représente 185 km et 2600 m de dénivelé positif, de quoi vider environ 4 batteries classiques.

La suite était une liaison entre les volcans (avec départ du Vulcania, à visiter si vous êtes proche de l’endroit) et les Alpes, avec un passage par Divonne-les-Bains et ensuite Chamonix, pour finir à Val Cenis et avec une journée de pause. Voir 2 jours de pause, si l’on peut faire assez de kilomètres en un jour, ce qui était mon cas.

De quoi goûter à la montagne de fort belle manière, puis à la piscine du CIS de Val Cenis pour un repos bien mérité.

 

Energie de déplacement

Il est parfois bon de reprendre ses fondamentaux.

Le principe de base de BikeToTheFuture est de s’occuper de véhicules plus légers que ce qu’ils portent.

Parce que c’est possible, parce que c’est logique et respectueux des ressources, et aussi pour les cas (que l’on souhaite rares) d’un accident dans lequel il va bien falloir dissiper l’énergie contre ce qui va nous stopper. D’autant plus important si la contrepartie est vivante…

A énergie égale, quelle vitesse peut-on se permettre pour différents véhicules ? Un petit tableau récapitulatif donne les réponses.

Et il y a du boulot pour revenir à la raison.

Si l’on définit que 10’000 J est la limite, le piéton peut dévaler à près de 60 km/h, les différents vélos entre 46 et 54 km/h, mais on tombe autour de 10 km/h pour les voitures… Le camion 40 Tonnes est à l’arrêt à 2,5 km/h ce qui en dit long sur le danger des camionneurs qui geekent sur leur téléphone alors qu’ils envoient des mégajoules sur le bitume. Un camion à 80 km/h c’est 10 MJ d’énergie de mouvement, l’équivalent de 1000 vélomobiles à 46 km/h tout de même.

Une voiture plutôt compacte à 130 km/h c’est encore 100 vélomobiles à 46 km/h ce qui donne à réfléchir.

Sans système électrique ou mécanique de récupération, toute cette énergie finira en frottements donc en chaleur. Génial, n’est-ce pas ? Voici un bon exemple de gaspillage qui pourrait largement être réduit avec des engins plus légers, une mobilité plus raisonnée et une large réflexion sur les besoins de mouvement. Il y a certainement là un puits d’économies absolument énorme et largement inexploité.